Les Légendes Perdues - Epilogue dernier tome
Les trompettes résonnèrent dans la ville entière lorsque les cinq milles soldats en colonnes passèrent les gigantesques portes de la prodigieuse capitale d'Argen. Les clameurs de la foule, additionnées aux fleurs qui survolaient la grande avenue pavée qui menait directement au palais, ouvraient la voix aux soldats qui auraient voulus pour tout au monde courir dans les bras de leurs parents et pleurer à chaudes larmes les retrouvailles. Mais leur dicipline était forgée de fer.
La populace saluait les vainqueurs de la plus importante bataille que Derdhemnion n'ai jamais connu. Les légions arrivèrent sur la grande place devant les portes faites d'argent et de bronze de l'immense palais d'Orr. Le roi Mozrion, entouré de ses proches, alla à leurs rencontre en les saluant et s'approcha des généraux et autres gradés en applaudissant de vives mains. La joie était au rendez-vous. Eron, flanqué de chaque côté par Tenelka à sa droite et Cœur-d'Ours à sa gauche, s'arreta à l'approche de son souverain et en un élégant geste, il mis le genou à terre et baissa la tête pour saluer son roi, le bras droit reposant sur son genoux levé. Le voyant faire, le roi se pressa et le pria de se relever. Alors que la foule s'amassait autour des soldats en rang en hurlant la victoire, le roi fit s'atténuer les clameurs de par ses gestes sur et pris la parole en direction des soldats.
_MES FRERES ! Maintes fois nous avons priés votre retour, en implorant votre victoire, et que vous repreniez vos places parmi les votres ! Maintenant que vous êtes de nouveau parmi nous, célébrons cette victoire comme jamais... (Le roi écarta brusquement les bras et esquissa un de ses rares sourirs en publique) LA GUERRE EST FINIE !
A ces derniers mots, la foule hurla de plus belle. Eron manda la parôle, et le fils d'Ecclydion, respecté de tous de par son rang, sa bravoure, sa justesse et surtout par sa lignée, reçu de la populace leur plus profonde attention. Sa voix était las et fatiguée, mais il n'avait plus la force de cacher son état. Dans un dernier effort, il s'exprima d'un ton fort afin être entendut de tous. Il pris place à côté du roi et se tourna vers ses hommes.
_ARGINANS, UNREAGANS, PEUPLE SYLVAIN ET ELFES D'ELUNE ! Je ne vous parle pas en tant que général, ou en tant que représentatn humain. Je vous parle en tant qu'être vivant, pas plus. Aujourd'hui, nous avons remporté la guerre contre des légions qui étaient restées invaincus jusqu'à maintenant, mais pas seulement. Aujourd'hui, nous avons remporté la plus importante des batailles dans l'histoire de notre monde. Celle qui nous opposait contre nous même. Nous avons réussit à oublier nos divergences et nos anciennes querelles pour nous tourner vers un ennemi commun.
Bien des gens se méprisaient avant que la mort ne s'étende sur la terre, et pourtant, vous vous êtes serrez les coudes dans la bataille, et vous avez combattus ensemble pour vaincre la Mort même. Cette bataille, nous ne la devons pas aux valeureux guerriers que nous sommes, ou à la puissance de nos armes. Nous la devons à la force intérieure qui nous anime tous : L'amitié, l'amour et a solidarité. Beaucoup de nos frères sont tombés au champ d'honneur. Mais tous sont en ce moment même en train de festoyer aux cotés d'Azhul, d'Amelia, de Ternmeros, d'Elune et de biens d'autres. Et ils sont tous réunit - comme nous le sommes maintenant - sous un même étendart, celui de l'Unité et celui de la fraternité !
Tous, soldats et populace, humains et elfes, levèrent le poing en hurlant leur joies, alors que les trompettes royales et les cors de bataille sonnèrent en une entrainante mélopée, celle de la victoire.
Calistan, un officier Unreagan, s'avança au coté d'Eron et lui remis un long rouleau de tissu pourpre dissimulant un grand objet de près de deux mètres. Eron se mit à genou devant le roi, tendis les mains et dévoila l'arme cachée par le voile de soie rouge. L'épée de Tedes, la grande Fierc'iole gisait entre ses mains. La puissante épée qui avait autrefois détrôné plus d'un roi, qui avait fait plier plus d'un empire, gisait inerte dans les mains d'un vivant pour la première fois depuis sa création aux temps des Eveillés. La lame à double tranchant qui habituellement luisait d'une aura sombre et maquiavélique, paraissait inerte. Le roi approcha sa main du manche d'ébène cendré avec prudence dabord, puis avec plus d'assurance en l'empoignant. Intrigué, il l'était surement, mais il pris le soin de bien l'agripper et la leva lentement vers le ciel, fasciné par sa légèreté et par sa beautée macabre. Quand l'épée fut à la parfaite horizontale, un rayon solaire transperça la fine couche nuageuse et frappa l'épée de plein fouet Les nuages disparurent instentanément, comme soufflés par un puissant vent et toute la citée fut plongée dans une aveuglante lumière dorée provenant de la pointe de la grande arme sombre.
C'est alors que la magie de la Vie naquit des cendres de la Mort.
Eron n'en croyait pas ses yeux. Intérieurement, il se repassa la Légende des Neuf Vies prophétisée par son aïeul, le grand Eldrion, divin fils d'Amélia…
Alors que le soleil éclairait doucement le restant de l'épée, Eron compris enfin avec un émerveillement sans pareil la signification de cette prophétie : La lame sombre aux glyphes de sang vira au blanc argenté ; la garde jusqu'à maintenant noire et ocre représentant un crâne démoniaque cornu laissa place à une toute autre forme : deux mains enlacées, l'une d'or et l'autre de bronze. La poignée elle aussi changea avec l'approche du soleil levant : l'ébène cendré taillé de veines pourpres laissa place à de l'ivoire pure entouré d'une chaîne de lianes vertes. Sur toute la longueur de la lame parfaitement brillante était représentée une longue liane de bronze encerclant une feuille dorée. Près de la garde, on pouvait lire en petit et en plusieurs langues le mot FRATERNITE. Tous s'agenouillèrent devant l'éblouissant spectacle qu'apportait inceonsciament le roi...
Dès lors, les dirigeants des six grandes nations eurent réunion dans l'heure qui suivit en haut de la tour des Arcannes pendant que le reste du monde préparait les festivités pour le soir même. Les réfugiés qui avaient quittés la capitale de l'Alliance au début des combats revennaient depuis la nouvelle de la défaite du prince-noir. Des portails magiques s'ouvraient et se refermaient pour laisser passer des gens de toute les races. Des dizaines de milliers de personnes arrivèrent des quatre coins du monde connus pour célébrer la victoire.
Eron repensa à l'Aube du Dernier Jour, comme était nommé le jour où Tedes avait trahit et assassiné son père, le souverain d'Unreach, le roi Luzenkia. Dès lors, Unreach était tombé dans une décadence innimaginable, les maladies et les émeutes avaient éclatés dans tout le royaume. Puis mes armées Mort-vivantes et Ténébreuses l'avaient envahit. Les survivants du changement de pouvoir s'étaient réfugiés dans les royaumes avoisinants, Ottiluck à l'est, Argen au sud et les terres de Kemiolrohd à l'ouest, par delà la Mer des Medditons. Les tributs barbares avaient été décimés, les nains entérrés vivants dans leurs mines. Le chaos régnait où que l'on aille. Les elfes, à plusieurs lieux de distance en mer d'une terre humaine, n'avaient pas pus leur venir en aide, ils avaient donc attendus le moment opportunt pour envoyer leurs légions sur la mer de Carchane.
Avant que la fête ne commence, les dirigeants firent une annonce pour la suite des évènements : Sur une grande estrade se tenaient droits le roi Mozrion d'Argen, le nouvel intendant Auf Hangen - qui avait pour mission de restaurer la paix dans le royaume d'Unreach - un homme de la vingtaine très ambitieux. Se tenait près de lui Melchias' Aronach' Elchiros, grand général des terres de l'ouest de Kemiolrohd. Enfin, Chan'lard du royaume Sylvain et Sage l'Ancien, père des Elfes d'Elunes. Ces deux derniers avaient conclus en un accord commun que le temps des Anciens était révolu sur cette terre, et que l'avenir de Derdhemnion n'était maintenant plus menacé. Les Elfes n'avaient plus d'ennemis à combattre, ils allaient donc retourner sur les terres ancestrales d'Apolion, là où les Eveillés auraient trouvés refuge. Ils faisaient confiance en les trois représentants des royaumes humains, et ils savaient que ces derniers ne seraient pas corrompus par la soif de pouvoir et de destruction.
Les festivités commencèrent au soleil décroissant et se l'ambiance fut au rendez-vous dès les débuts. La plaine des Larmes était noire de monde. Des centaines de feu de camps avaient été allumés et des ménestrels venus de partout s'étaient alliés pour répandre des musiques entraînantes. Les Humains, les Elfes et les Sylvains se serraient les uns aux autres, sachant tous que cette nuit était la dernière passée ensemble. Le destin avait parlé. A l'aube, les Anciens partiraient rejoindre les dieux sur des terres lointaines.
Au beau milieu de cet élan d'amitié et de confiance, dans m'une des innombrables tentes dressées sur l'herbe, deux personnes se dirent au revoir à leur manière. Eron avait les larmes aux yeux. Des larmes de tristesse. Tenelka, elle, brisa cet instant de tristesse de sa voie douce et attirante.
_Fait moi l'amour comme jamais tu ne me l'a fait, Eron. Je veux garder de toi une image si belle dans mon cœur que le fait de penser à toi me remplira de joie et de bonheur…
Et il s'était exécuté comme le lui avait demandait sa compagne. L'amour et la tendresse guidèrent les mouvements du bassin d'Eron, avec la douceur la plus pure qu'ils puissent imaginer. Après plus d'une demi-heure d'effort physique, il senti monter en lui la chaleur suprême, le noyant dans un torrent de plaisir qui dura plusieurs secondes. Tenelka, quand elle, elle faillit tomber dans l'inconscience tellement le plaisir lui monta subitement à la tête, la faisant frémir au travers de violents spasmes. Eron s'écroula aux cotés de sa mie et les deux amants se dévisagèrent pendant de longues minutes sans rien prononcer, de peur de briser cet instant magique englobé de l'amour mutuel qu'ils se portaient. Au bout de plusieurs temps, alors que la fatigue lui faisait plisser les yeux, Tenelka souffla un "je t'aimerai toute ma vie…" dans les oreilles de l'archer et un baiser emplis de tristesse rapprocha les deux amants avant de les faire basculer dans un profond sommeil…
Cœur d'Ours buvait pintes sur pintes, dansait à en s'épuiser, et discourait avec plusieurs femmes sur ses exploits passés. Il se délaissa de son gilet et monta sur une table. Là, il montra à la foule environnante ses nombreuses cicatrices et ses muscles qui lui avait permis de rester en vie et de suivre Eron où qu'il allait.
Plus loin, assis à une table à siroter sa bière silencieusement, un guerrier regardait la foule qans une petite voix féminine lui murmura.
_Bonsoir Arguel… Alors, toujours en deuil? Les yeux du guerrier s'écarquillèrent et il se retourna rapidement en se levant : devant lui se dressait sa cousine, Eole. Il l'a serra contre lui et les larmes lui coulèrent. Entre deux pleures, il réalisa qu'elle aussi pleurait. Près d'eux, Miguel esquissa un sourire. Les deux derniers survivants des frères d'armes échangèrent un dernier regard et Miguel s'éloigna de la fête. Il pouvait maintenant rejoindre sa femme qui l'attendait dans les montagnes de la Sierra, à l'est d'Argen.
L'aube. En haut d'une bute qui surplombait la fête mourante, une silhouette recouverte d'un grand manteau-cape en peau de buffle se tenait droite, un bâton d'ébène dans la main droite luisant aux rayons de la pleine lune. A ses cotés, une grande femme aux cheveux d'or revêtue d'une armure d'argent et enveloppée d'étincelles surnaturelles. Sa voix était douce et mélodieuse, alors que sa carrure aurait fait jurer le contraire.
_Qu'en pense tu, Derdhemnion? Les hommes arriveront-ils à tirer les leçons de leurs erreurs passées?
_Peut-être, Amélia. (Son ton était faible, comme lointain et résonant en lui-même) Et pour tout te dire, je n'en n'ai pas la moindre idée en fait. Mais j'ai bon espoir en Eron… En en parlant, puis-je te demander si tu en est fière ?
_J'en suis aussi fière qu'une mère pourrait être fière de son fils. Il va me manquer je pense… (Sa voix s'était atténuée, elle n'était plus qu'un murmure triste). Sûrement, même…
De dessous la capuche qui lui recouvrait tout le haut du visage et dissimulait dans les ombres la partie inférieure, Derdhemnion leva un sourcil et jeta ironiquement.
_Tu est triste parce que tu vas quitter ton descendant, alors que tu n'as même pas oscillé quand je t'ai appris la mort de ton fils et du père d'Eron? Amélia releva la tête en direction de son compagnon. Elle répondis par une question.
_Alors tu as pris ta décision ? Quand partirons nous?
_Maintenant. Ce sera plus facile pour toi.
_Bien. (La déesse de la foudre se retourna une dernière fois vers la fête et murmura) Adieu, mon fils…
Le Dieu des Dieu invoqua un portail de sa simple volonté et les deux divinités disparurent instantanément dans les brumes du temps...
Dans la tente, Eron se réveilla brusquement, ce qui fit reprendre conscience à sa compagne. Les yeux fermés, elle demanda.
_Que ce passe t'il, mon bien aimé?
_Rien… J'ai crus sentir une présence familière… Comme si ma mère venait de me toucher de sa voix...
La populace saluait les vainqueurs de la plus importante bataille que Derdhemnion n'ai jamais connu. Les légions arrivèrent sur la grande place devant les portes faites d'argent et de bronze de l'immense palais d'Orr. Le roi Mozrion, entouré de ses proches, alla à leurs rencontre en les saluant et s'approcha des généraux et autres gradés en applaudissant de vives mains. La joie était au rendez-vous. Eron, flanqué de chaque côté par Tenelka à sa droite et Cœur-d'Ours à sa gauche, s'arreta à l'approche de son souverain et en un élégant geste, il mis le genou à terre et baissa la tête pour saluer son roi, le bras droit reposant sur son genoux levé. Le voyant faire, le roi se pressa et le pria de se relever. Alors que la foule s'amassait autour des soldats en rang en hurlant la victoire, le roi fit s'atténuer les clameurs de par ses gestes sur et pris la parole en direction des soldats.
_MES FRERES ! Maintes fois nous avons priés votre retour, en implorant votre victoire, et que vous repreniez vos places parmi les votres ! Maintenant que vous êtes de nouveau parmi nous, célébrons cette victoire comme jamais... (Le roi écarta brusquement les bras et esquissa un de ses rares sourirs en publique) LA GUERRE EST FINIE !
A ces derniers mots, la foule hurla de plus belle. Eron manda la parôle, et le fils d'Ecclydion, respecté de tous de par son rang, sa bravoure, sa justesse et surtout par sa lignée, reçu de la populace leur plus profonde attention. Sa voix était las et fatiguée, mais il n'avait plus la force de cacher son état. Dans un dernier effort, il s'exprima d'un ton fort afin être entendut de tous. Il pris place à côté du roi et se tourna vers ses hommes.
_ARGINANS, UNREAGANS, PEUPLE SYLVAIN ET ELFES D'ELUNE ! Je ne vous parle pas en tant que général, ou en tant que représentatn humain. Je vous parle en tant qu'être vivant, pas plus. Aujourd'hui, nous avons remporté la guerre contre des légions qui étaient restées invaincus jusqu'à maintenant, mais pas seulement. Aujourd'hui, nous avons remporté la plus importante des batailles dans l'histoire de notre monde. Celle qui nous opposait contre nous même. Nous avons réussit à oublier nos divergences et nos anciennes querelles pour nous tourner vers un ennemi commun.
Bien des gens se méprisaient avant que la mort ne s'étende sur la terre, et pourtant, vous vous êtes serrez les coudes dans la bataille, et vous avez combattus ensemble pour vaincre la Mort même. Cette bataille, nous ne la devons pas aux valeureux guerriers que nous sommes, ou à la puissance de nos armes. Nous la devons à la force intérieure qui nous anime tous : L'amitié, l'amour et a solidarité. Beaucoup de nos frères sont tombés au champ d'honneur. Mais tous sont en ce moment même en train de festoyer aux cotés d'Azhul, d'Amelia, de Ternmeros, d'Elune et de biens d'autres. Et ils sont tous réunit - comme nous le sommes maintenant - sous un même étendart, celui de l'Unité et celui de la fraternité !
Tous, soldats et populace, humains et elfes, levèrent le poing en hurlant leur joies, alors que les trompettes royales et les cors de bataille sonnèrent en une entrainante mélopée, celle de la victoire.
Calistan, un officier Unreagan, s'avança au coté d'Eron et lui remis un long rouleau de tissu pourpre dissimulant un grand objet de près de deux mètres. Eron se mit à genou devant le roi, tendis les mains et dévoila l'arme cachée par le voile de soie rouge. L'épée de Tedes, la grande Fierc'iole gisait entre ses mains. La puissante épée qui avait autrefois détrôné plus d'un roi, qui avait fait plier plus d'un empire, gisait inerte dans les mains d'un vivant pour la première fois depuis sa création aux temps des Eveillés. La lame à double tranchant qui habituellement luisait d'une aura sombre et maquiavélique, paraissait inerte. Le roi approcha sa main du manche d'ébène cendré avec prudence dabord, puis avec plus d'assurance en l'empoignant. Intrigué, il l'était surement, mais il pris le soin de bien l'agripper et la leva lentement vers le ciel, fasciné par sa légèreté et par sa beautée macabre. Quand l'épée fut à la parfaite horizontale, un rayon solaire transperça la fine couche nuageuse et frappa l'épée de plein fouet Les nuages disparurent instentanément, comme soufflés par un puissant vent et toute la citée fut plongée dans une aveuglante lumière dorée provenant de la pointe de la grande arme sombre.
C'est alors que la magie de la Vie naquit des cendres de la Mort.
Eron n'en croyait pas ses yeux. Intérieurement, il se repassa la Légende des Neuf Vies prophétisée par son aïeul, le grand Eldrion, divin fils d'Amélia…
Alors que vers le ciel un roi la dressera,
La Lame des Morts le soleil refrappera.
Et d'une nouvelle aura l'épée brillera,
Dans cette arme la vie renaîtra,
Et à jamais la paix dominera.
La Lame des Morts le soleil refrappera.
Et d'une nouvelle aura l'épée brillera,
Dans cette arme la vie renaîtra,
Et à jamais la paix dominera.
Alors que le soleil éclairait doucement le restant de l'épée, Eron compris enfin avec un émerveillement sans pareil la signification de cette prophétie : La lame sombre aux glyphes de sang vira au blanc argenté ; la garde jusqu'à maintenant noire et ocre représentant un crâne démoniaque cornu laissa place à une toute autre forme : deux mains enlacées, l'une d'or et l'autre de bronze. La poignée elle aussi changea avec l'approche du soleil levant : l'ébène cendré taillé de veines pourpres laissa place à de l'ivoire pure entouré d'une chaîne de lianes vertes. Sur toute la longueur de la lame parfaitement brillante était représentée une longue liane de bronze encerclant une feuille dorée. Près de la garde, on pouvait lire en petit et en plusieurs langues le mot FRATERNITE. Tous s'agenouillèrent devant l'éblouissant spectacle qu'apportait inceonsciament le roi...
Dès lors, les dirigeants des six grandes nations eurent réunion dans l'heure qui suivit en haut de la tour des Arcannes pendant que le reste du monde préparait les festivités pour le soir même. Les réfugiés qui avaient quittés la capitale de l'Alliance au début des combats revennaient depuis la nouvelle de la défaite du prince-noir. Des portails magiques s'ouvraient et se refermaient pour laisser passer des gens de toute les races. Des dizaines de milliers de personnes arrivèrent des quatre coins du monde connus pour célébrer la victoire.
Eron repensa à l'Aube du Dernier Jour, comme était nommé le jour où Tedes avait trahit et assassiné son père, le souverain d'Unreach, le roi Luzenkia. Dès lors, Unreach était tombé dans une décadence innimaginable, les maladies et les émeutes avaient éclatés dans tout le royaume. Puis mes armées Mort-vivantes et Ténébreuses l'avaient envahit. Les survivants du changement de pouvoir s'étaient réfugiés dans les royaumes avoisinants, Ottiluck à l'est, Argen au sud et les terres de Kemiolrohd à l'ouest, par delà la Mer des Medditons. Les tributs barbares avaient été décimés, les nains entérrés vivants dans leurs mines. Le chaos régnait où que l'on aille. Les elfes, à plusieurs lieux de distance en mer d'une terre humaine, n'avaient pas pus leur venir en aide, ils avaient donc attendus le moment opportunt pour envoyer leurs légions sur la mer de Carchane.
Avant que la fête ne commence, les dirigeants firent une annonce pour la suite des évènements : Sur une grande estrade se tenaient droits le roi Mozrion d'Argen, le nouvel intendant Auf Hangen - qui avait pour mission de restaurer la paix dans le royaume d'Unreach - un homme de la vingtaine très ambitieux. Se tenait près de lui Melchias' Aronach' Elchiros, grand général des terres de l'ouest de Kemiolrohd. Enfin, Chan'lard du royaume Sylvain et Sage l'Ancien, père des Elfes d'Elunes. Ces deux derniers avaient conclus en un accord commun que le temps des Anciens était révolu sur cette terre, et que l'avenir de Derdhemnion n'était maintenant plus menacé. Les Elfes n'avaient plus d'ennemis à combattre, ils allaient donc retourner sur les terres ancestrales d'Apolion, là où les Eveillés auraient trouvés refuge. Ils faisaient confiance en les trois représentants des royaumes humains, et ils savaient que ces derniers ne seraient pas corrompus par la soif de pouvoir et de destruction.
Les festivités commencèrent au soleil décroissant et se l'ambiance fut au rendez-vous dès les débuts. La plaine des Larmes était noire de monde. Des centaines de feu de camps avaient été allumés et des ménestrels venus de partout s'étaient alliés pour répandre des musiques entraînantes. Les Humains, les Elfes et les Sylvains se serraient les uns aux autres, sachant tous que cette nuit était la dernière passée ensemble. Le destin avait parlé. A l'aube, les Anciens partiraient rejoindre les dieux sur des terres lointaines.
Au beau milieu de cet élan d'amitié et de confiance, dans m'une des innombrables tentes dressées sur l'herbe, deux personnes se dirent au revoir à leur manière. Eron avait les larmes aux yeux. Des larmes de tristesse. Tenelka, elle, brisa cet instant de tristesse de sa voie douce et attirante.
_Fait moi l'amour comme jamais tu ne me l'a fait, Eron. Je veux garder de toi une image si belle dans mon cœur que le fait de penser à toi me remplira de joie et de bonheur…
Et il s'était exécuté comme le lui avait demandait sa compagne. L'amour et la tendresse guidèrent les mouvements du bassin d'Eron, avec la douceur la plus pure qu'ils puissent imaginer. Après plus d'une demi-heure d'effort physique, il senti monter en lui la chaleur suprême, le noyant dans un torrent de plaisir qui dura plusieurs secondes. Tenelka, quand elle, elle faillit tomber dans l'inconscience tellement le plaisir lui monta subitement à la tête, la faisant frémir au travers de violents spasmes. Eron s'écroula aux cotés de sa mie et les deux amants se dévisagèrent pendant de longues minutes sans rien prononcer, de peur de briser cet instant magique englobé de l'amour mutuel qu'ils se portaient. Au bout de plusieurs temps, alors que la fatigue lui faisait plisser les yeux, Tenelka souffla un "je t'aimerai toute ma vie…" dans les oreilles de l'archer et un baiser emplis de tristesse rapprocha les deux amants avant de les faire basculer dans un profond sommeil…
Cœur d'Ours buvait pintes sur pintes, dansait à en s'épuiser, et discourait avec plusieurs femmes sur ses exploits passés. Il se délaissa de son gilet et monta sur une table. Là, il montra à la foule environnante ses nombreuses cicatrices et ses muscles qui lui avait permis de rester en vie et de suivre Eron où qu'il allait.
Plus loin, assis à une table à siroter sa bière silencieusement, un guerrier regardait la foule qans une petite voix féminine lui murmura.
_Bonsoir Arguel… Alors, toujours en deuil? Les yeux du guerrier s'écarquillèrent et il se retourna rapidement en se levant : devant lui se dressait sa cousine, Eole. Il l'a serra contre lui et les larmes lui coulèrent. Entre deux pleures, il réalisa qu'elle aussi pleurait. Près d'eux, Miguel esquissa un sourire. Les deux derniers survivants des frères d'armes échangèrent un dernier regard et Miguel s'éloigna de la fête. Il pouvait maintenant rejoindre sa femme qui l'attendait dans les montagnes de la Sierra, à l'est d'Argen.
EPILOGUE
L'aube. En haut d'une bute qui surplombait la fête mourante, une silhouette recouverte d'un grand manteau-cape en peau de buffle se tenait droite, un bâton d'ébène dans la main droite luisant aux rayons de la pleine lune. A ses cotés, une grande femme aux cheveux d'or revêtue d'une armure d'argent et enveloppée d'étincelles surnaturelles. Sa voix était douce et mélodieuse, alors que sa carrure aurait fait jurer le contraire.
_Qu'en pense tu, Derdhemnion? Les hommes arriveront-ils à tirer les leçons de leurs erreurs passées?
_Peut-être, Amélia. (Son ton était faible, comme lointain et résonant en lui-même) Et pour tout te dire, je n'en n'ai pas la moindre idée en fait. Mais j'ai bon espoir en Eron… En en parlant, puis-je te demander si tu en est fière ?
_J'en suis aussi fière qu'une mère pourrait être fière de son fils. Il va me manquer je pense… (Sa voix s'était atténuée, elle n'était plus qu'un murmure triste). Sûrement, même…
De dessous la capuche qui lui recouvrait tout le haut du visage et dissimulait dans les ombres la partie inférieure, Derdhemnion leva un sourcil et jeta ironiquement.
_Tu est triste parce que tu vas quitter ton descendant, alors que tu n'as même pas oscillé quand je t'ai appris la mort de ton fils et du père d'Eron? Amélia releva la tête en direction de son compagnon. Elle répondis par une question.
_Alors tu as pris ta décision ? Quand partirons nous?
_Maintenant. Ce sera plus facile pour toi.
_Bien. (La déesse de la foudre se retourna une dernière fois vers la fête et murmura) Adieu, mon fils…
Le Dieu des Dieu invoqua un portail de sa simple volonté et les deux divinités disparurent instantanément dans les brumes du temps...
Dans la tente, Eron se réveilla brusquement, ce qui fit reprendre conscience à sa compagne. Les yeux fermés, elle demanda.
_Que ce passe t'il, mon bien aimé?
_Rien… J'ai crus sentir une présence familière… Comme si ma mère venait de me toucher de sa voix...
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